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  • Camille Voiry Gey

Le Minimalisme... Un art de vivre qui questionne!


Art de vivre, de vivre son quotidien, de vivre son rapport au monde, le minimalisme a transformé ma vie, et a impulsé une puissante liberté dans la recette de mon existence. Lorsque je l'ai découvert, il y a maintenant prés de 5 ans, j'ai subitement eu le sentiment de pouvoir respirer à nouveau. C'était comme si ma cage thoracique, mon abdomen, retrouvaient de l'amplitude, et que je pouvais enfin cesser de respirer à l'économie. Plus besoin de porter ce costume épuisant de paraître, aller à l'essentiel, choisir ce qui fait sens pour soi... Je découvrais avec avidité les multiples témoignages à ce sujet, qui en soulignaient la réalité et la pertinence. Même si pour beaucoup de personnes, y compris moi-même, devenir minimaliste a été une évidence, je ne peux nier le fait que ce choix de vie questionne, et peut être difficile à accepter, pour d'autres. Il est radical, tant sur le plan matériel, que psychologique. Alors, pourquoi est-ce si difficile pour certains, de dire "au revoir" à leurs possessions matérielles?



Tout d'abord, à mon sens, le premier élément de réponse est le fait que posséder rassure. Les notions de sobriété et de frugalité sont communément associées au manque, à l'échec, à la souffrance, voir au danger. On pense tout de suite à l'image de la cellule monacale, sans âme ni chaleur, qui fait écho au sacrifice de soi. Posséder c'est étouffer cette éventuelle tension, ce mal être. C'est en outre, initialement, une façon de répondre à un besoin impérieux, incrusté dans notre cerveau reptilien, de survivre, et de disposer de toutes les ressources à cette fin: de la nourriture, de quoi nous soigner, de quoi nous chauffer, de quoi être sen sécurité... Néanmoins, notre société actuelle et ses dérives sont devenues la scène de la compromission de ce mécanisme. Pour une partie du monde, ces besoins sont quotidiennement comblés, et posséder devient alors une simple accumulation, mortifère et vide de sens.


Ensuite, il apparaît clairement que se séparer de ses possessions matérielles est anxiogène pour certains, dans la mesure où ces possessions sont porteuses d'une aura sociale, d'une étiquette hiérarchique, qui permet d'exister d'une façon certaine aux yeux des autres. Disposer d'une garde robe pléthorique, d'une belle voiture, de multiples objets de décoration, d'une grande bibliothèque, ou d'un magasin de sport dans son garage, cela revient à envoyer un certain type de message au monde, et avant tout tenter de prouver sa valeur. C'est dire, "j'ai les moyens de", et ainsi se donner l'illusion de bâtir par ce moyen les fondations de sa propre définition. La manœuvre est creuse, car bien entendu ce que nous sommes ne réside pas dans la matière, et dans le choix des objets qui nous entourent. Tenter d'exister face à l'autre, au moyen d'objets, revient à vouloir se désincarner, à nier les trésors de notre personnalité, qui résident dans notre cœur et notre âme. Notre essence est à l'intérieur, pas à l'extérieur de nous...


Outre, ces deux premiers constats, on pourra également remarquer que le minimalisme vient titiller une problématique humaine quasi universelle... Il est parfois très inconfortable d'aller voir ce qui se passe à l'intérieur de nous, et faire le constat du "chantier" qui s'y trouve! Car, soyons honnêtes, être et faire un travail sur la façon d'être, n'est pas un cheminement qui nous est inculqué dans notre enfance. On nous apprend à avoir, à faire, mais pas à être. Avoir, c'est facile et instantané. Être, c'est un travail de fond, qui fait parfois souffrir. Nous n'avons pas envie d'aller voir ce qui cloche, les blessures du passé, les névroses du présent, l'anxiété du futur. En possédant, nous mettons un couvercle sur cette dimension, en prenant au passage notre bouffée d'euphorie à chaque nouvelle acquisition. C'est trop difficile d'être, et trop contraignant. Fonçons vers la terre promise, l'avoir! Et c'est ainsi que naissent en parallèle diverses pathologies et tensions physiques, car dans la marmite, sous le couvercle, la pression monte. Et la vapeur va chercher à s'échapper, d'une façon ou d'une autre.


Enfin, la dernière raison qui peut venir expliquer cette difficulté à s'alléger, c'est que désencombrer est tout simplement une tâche fastidieuse, que l'on ne sait pas toujours par quel bout l'attaquer! Quel pièce? Quelle méthode? Comment se débarrasser? On se sent déjà submergé à l'idée de devoir passer plusieurs journées de son temps libre à faire le nettoyage de printemps, alors qu'en plus on est en décembre! ☺ Avec un peu d'organisation, de patience et de persévérance, et peut être aussi le coup de pouce d'un ami amoureux du rangement, l'impulsion de départ peut être aisément donnée. Ensuite, vous vous sentirez tellement plus léger, que vous n'aurez pas envie de vous arrêter là. Le cercle vertueux sera initié. Puis lorsque l'on se retrouve face à ce nouvel environnement, plus reposant et apaisant, aucun retour en arrière n'est envisageable, et on s'assure alors de préserver dans le temps le travail réalisé.


Vous l'aurez donc compris, il existe bien des raisons à l'éventuelle résistance à passer du côté lumineux de la force! D'autres existent, la liste n'est certainement pas exhaustive. Je ne prétend pas que le minimalisme est la réponse à tous nos maux, ni qu'il s'agit d'une baguette magique qui va tous nous transformer. Néanmoins, ce dont je suis certaine, c'est que c'est un outil puissant pour simplifier son quotidien, que c'est le terreau fertile de notre quête de sens intérieure, et que c'est une des clefs de la préservation de notre environnement. Et pour moi, cela suffit à lui donner sa chance!





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