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  • Camille Voiry Gey

Sois une mère imparfaite, et assume le!

L'année de mes 28 ans, je suis devenue maman. Alors que de nombreuses femmes décrivent cette expérience comme la plus belle de leur vie, pour moi, cela a été l'une des années les plus difficiles. Je n'étais pas du tout préparée à ce que cela allait impliquer de devenir mère, et j'étais loin d'imaginer les difficultés que j'allais rencontrer. J'ai connu une grossesse classique, avec quelques soucis de sciatique, mais aucune complication majeure. L'accouchement a été assez serein et rapide, pour un premier enfant. Ces étapes se sont donc déroulées sans grandes inquiétudes. Puis j'ai rencontré mon fils, et oui c'est totalement vrai, j'ai été submergée d'un amour sans condition pour lui. Pourtant, je ne savais absolument pas ce que je devais faire, ni comment me comporter, ni comment être mère. J'étais totalement perdue...


Dès la première nuit à la maternité, je ne me suis pas sentie à la hauteur. Allaitement compliqué, bébé qui pleure beaucoup, fatigue physique et psychologique, j'ai malgré tout essayé de faire bonne figure. Vous rajouterez à cela le cocktail d'hormones chamboulées et les longues visites des proches toute la journée, et rapidement j'ai commencé à descendre les marches vers le "baby blues". Je pleurais beaucoup, et je n'arrivais pas à comprendre pourquoi je n'étais pas folle de bonheur. Je prenais soin de ce petit être magnifique en "mode automatique", désespérée de cette situation que je ne parvenais pas à maîtriser. J'imagine que si mon petit bout pleurait beaucoup, c'était aussi peut-être parce qu'il ressentait mon stress et mon anxiété... Je tournais en rond, malgré l'aide de mon mari. Je me sentais terriblement mal, et je culpabilisais de cette situation.


Ce n'est qu'au bout de plusieurs mois, et après avoir repris mon activité professionnelle, que j'ai fini par commencer à sortir la tête de l'eau. Avec du temps, et de la patience, les choses ont commencé à s’apaiser, et ce mal être permanent s'est estompé. Jules a grandi, nous avons appris à nous connaître et à communiquer. Les choses sont devenues plus faciles, et j'ai commencé à créer ma propre définition de la maman que je suis pour lui. Lorsque nous devenons mère, l'amour immense et intense que nous pouvons ressentir pour l'enfant que nous mettons au monde est immédiat. Néanmoins, cela n'est pas une évidence pour toute les femmes de passer en quelques heures du statut de femme enceinte à maman. On présuppose que porter un enfant pendant 9 mois laisse le temps à notre esprit de se préparer, mais aujourd’hui je suis convaincue que c'est loin d'être le cas pour de nombreuses femmes, et que nombreuses aussi sont celles qui n'osent pas en parler. Devenir mère est très sacré dans l’inconscient collectif. Oser dire qu'on le vit mal, qu'on en souffre, et qu'on se sent perdue, peut être très mal perçu (tout comme dire que l'on ne veut pas d'enfants d'ailleurs). C'est pourtant un tsunami dans une vie que d'accueillir un enfant, et qui plus est sans aucun mode d'emploi!


Ce que j'ai compris après des mois de souffrance, c'est qu'il est parfaitement inutile et contre productif de vouloir être une "mère parfaite", et d'aller contre son essence profonde. On fait du mieux que l'on peut, avec les ressources que l'on a. Tu n'es pas une femme parfaite, et c'est OK. Tu n'es pas une épouse parfaite, et c'est OK. Tu n'es pas une mère parfaite, et ça aussi c'est OK! La pression sociale relative à la maternité est immense. Il faut coller avec un certain stéréotype de la mère allaitante, dévouée corps et âme à chaque minute de la journée à son enfant, et épanouie dans ce seul rôle. Pourtant, certaines d'entre nous (pour ne pas dire un grand nombre) n'opèrent pas naturellement la transition vers ce nouveau rôle, et surtout un grand nombre n'aspire tout simplement pas à coller à cette image, car elles suivent leur propre définition de la maternité. C'est en étant épanouie soi-même que l'on pourra aider son enfant à s'épanouir, et être présente pour lui. Il faut se sentir libre de créer la relation mère-enfant qui te convient, qui convient à ton enfant, et toujours en laissant parler son cœur. Le reste n'a aucune importance... Sois la mère que tu peux et veux être, aussi imparfaite soit-elle, et assume le! :)




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